Login

Les trésoreries des exploitations de grandes cultures sous pression

La marge brute des pommes de terre consommation pour 2026 s’annonce en forte baisse dans la Somme, à 5 135 €/ha, ce qui ne couvrira pas les prix de revient.

Dans la Somme, tous les systèmes en production végétale sont mis à mal par la conjoncture.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

« Le marché fait de plus en plus pression sur les trésoreries des exploitations et sur les prises de décision des agriculteurs », constate Sébastien Daguenet, responsable du développement des activités d'agriculture chez CER France Picardie Nord de Seine (1). Il évoque des tendances « qui durent » en prenant l’exemple du coût des engrais qui atteint presque 300 €/ha en 2025 et devrait monter à 330 €/t en 2026.

Des charges de structures qui flambent

« Depuis 2022, nous avons franchi une marche et on n’arrive plus à en descendre. Nous observons désormais une décorrélation entre le prix de l’azote et le prix du blé. » Autres postes importants : les produits phyto, presque 250 €/ha, ou encore les « insidieuses » charges de structure.

Ces dernières ont progressé de 230 €/ha en cinq ans dans la Somme (système céréalier) pour atteindre 1 490 €/ha en 2025, dont 606 €/ha de charges de mécanisation (+23 % en cinq ans) et 315 €/ha de main-d’œuvre.

Recul des marges

Si bien que les marges brutes moyennes obtenues en 2025 et annoncées pour 2026 ne suffisent pas à couvrir ces charges. En blé, elle atteindrait 1 020 €/ha en 2026 contre 987 €/ha en 2025 et 1 265 €/ha sur 2021-2025.

La marge brute des betteraves en 2025 est proche de la moyenne décennale : 1 538 €/ha contre 1 671 €/ha. Pour 2026, elle atteindrait seulement 1 067 €/ha.

Pour les pommes de terre consommation, c’est « la fin du cycle de croissance », selon Sébastien Daguenet. Si la marge de 2025, estimée à 6 144 €/ha, est encore supérieure à la moyenne décennale (5 520 €/ha), celle de 2026 s’annonce en forte baisse, à 5 135 €/ha. Sans oublier la forte inquiétude pour les prix de contrat pour la prochaine campagne.

Toutefois, les systèmes diversifiés des fermes de la Somme restent robustes, avec des structures financières saines. Pour maintenir le cap, Sébastien Daguenet préconise de « se concentrer sur le niveau de prix de revient », de « réduire les coûts au maximum en blé et d’aller chercher du rendement commercialisable et de la qualité en pommes de terre ».

(1) lors de l'intervention le 4 décembre 2025 à l’assemblée générale de Sana Terra.

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement